L’impromptu de Molière

Le Théâtre Musical Chez Nous

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Nous sommes en 1663 et le grand Molière vient de commettre une terrible erreur. Il a promis au Roi d’écrire et de monter une pièce en quelques jours, et pour la première fois de sa vie, les mots lui manquent.

Nous sommes en 2026, et une jeune autrice vient de commettre… une terrible erreur elle aussi. Elle a accepté d’adapter cette œuvre oubliée qu’est L’Impromptu de Versailles et se faisant, découvre un fait choquant : Molière a épousé Armande Béjart, la fille de son ancienne amante, de vingt ans sa cadette. L’autrice se trouve comme Molière, incapable d’écrire tant qu’elle ne parvient pas à comprendre son geste. Faut-il «canceller» Molière ou faire comme si de rien n’était?

La troupe moderne et la troupe moliéresque se lancent alors dans une même course contre le temps sombrent toutes deux dans la zizanie. Et au cœur de tout ce brouhaha, la seule voix qui manquait à l’histoire commence enfin à se faire entendre : celle de la fameuse Armande Béjart.

Description et démarche

L’Impromptu de Molière naît d’un double pari : celui de remettre à jour une œuvre oubliée, et celui de prouver que le théâtre musical francophone peut aborder des sujets complexes avec audace, humour et intelligence. La forme musicale est ici au cœur de la démarche dramaturgie. C’est précisément parce que la comédie musicale est perçue comme le lieu du
divertissement «facile» qu’elle devient l’espace idéal pour introduire en contrebande une réflexion subversive sur un des plus grands héros du théâtre.

Sur scène, Virginie Daigle joue Molière lui-même, dans une effronterie volontaire, digne d’une Toinette revêtant les habits du médecin. Ce premier glissement annonce le ton de la pièce : en pays de comédie, les fourberies abondent, et l’histoire promise n’est peut-être pas celle qui
sera contée. Les allers-retours entre le texte parlé et la chanson permettent ainsi de faire surgir ce qui, autrement, resterait innommable.

Sur le plan musical, la proposition est résolument intimiste : un seul pianiste sur scène, intégré à la fiction, pour un théâtre musical conçu comme une expérience accessible, davantage dans l’esprit des cabarets que dans le grand déploiement attendu des comédies musicales
habituelles. La musique acoustique organise les niveaux de réalité, révèle la vie intérieure des personnages et tisse un fil conducteur entre le chaos de la répétition et l’harmonie de l’écriture. L’esthétique visée est donc minimaliste, intime et inclusive, à l’image des humbles débuts de
ce grand imparfait qu’a été Molière.

La résidence Cré’Ados s’inscrit dans une étape cruciale du développement de la pièce : travailler la dramaturgie du mouvement et trouver la symbiose entre récit, musique et danse. Concrètement, l’équipe souhaite explorer les chorégraphies en lien avec la double temporalité
de la pièce en joignant les ornements de la danse baroque aux principes du mouvement de théâtre musical. La résidence servira également à établir les premières bases de la conception scénographique, costumes et lumières, si le temps et le budget le permettent.

Virginie Daigle, Eric Elliot Lee, Federico Verdier Diaz, Simon Dufresne, Marie-Pier Labrecque, Philippe Robert, Rosalie Scott, Rylan Allen et Hugo Bélanger.

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